Ça y est les concours sont terminés... .les cages ont été lavées et stockées jusqu'à l'année prochaine. La nouvelle saison d'élevage va commencer !
Sélection des femelles :
Dès septembre, la sélection des femelles a commencé par l'étude des futurs accouplements. Quelles sont les femelles que l'on va garder ? Quels sont les nouveaux sujets à acheter ? Les sujets dont il faudra se séparer ? Déjà à cette période les futurs accouplements sont étudiés sur papier.
Préparation des femelles :
Fin janvier j'attrape toutes mes femelles en volière et je les place en cages d'élevages. Personnellement, j'utilise les cages « prima » tout plastique (L 60cm/ h 30cm, H 42cm avec grille inox) Les femelles qui ne sont pas en conditions (maigres/ peureuses...) seront écartées de l'élevage. Durant 5 jours, je leur donne une cure de Tylan (une cuillère à café par litre d'eau) afin d'éviter les maladies respiratoires, produit que j'achète chez le vétérinaire. Une fois par semaine elles ont de la pâtée (cédé). Une semaine avant de les accoupler, mes femelles recevront un traitement préventif contre la colibacillose et la salmonellose.
Accouplement :
Vers le 15 mars, je mets les nids extérieurs en terre et la charpie à disposition des femelles. Dès que la femelle commence à faire son nid (elle transporte le matériel dans son bec) j'introduis alors le mâle dans la cage. Ensemble ils termineront la construction du nid. Dès qu'elle pond son premier œuf celui-ci est remplacé par un œuf de plastique. Il est placé dans une boite garnie de coton, ceci ayant pour but de permettre aux oisillons de naître tous le même jour. En effet en remettant le 4ème jour
les 3 œufs dans le nid, les 4 jeunes naîtront ensemble après 13 jours d'incubation. Si on ne retire pas les œufs, on aura une différence de 3 jours entre le premier et le dernier jeune et souvent le dernier sera beau-coup plus fragile. Quant il fait sec, il est judicieux de mouiller la coquille (en trempant la veille de l'éclosion les œufs dans de l'eau tiède) pour aider les jeunes à naître. La règle de base est de laisser « tranquilles » les femelles lors de la couvaison et d'éviter les gestes brusques qui pourraient les effrayer. Mirage des œufs : Vers le 5ème où le 6ème jour on peut mirer les œufs, c'est à dire, on prend l'œuf délicatement par ces extrémités et on place l'œuf devant une lampe de poche afin de regarder si il est opaque ou transparent. Si il est opaque, l'oisillon à l'intérieur se développera normalement. Si l'œuf est transparent, cela veut dire qu'il est clair. On peut alors jeter les œufs pour ne pas fatiguer inutilement la femelle. Il est possible de rassembler les œufs du même âge dans un même nid.
Nourrissage des jeunes :
Dès le 2ème jour après la naissance des jeunes, je mets à disposition de la femelle un godet de pâtée (personnellement j'utilise de la pâtée cédé que j'humidifie légèrement). Il existe aujourd'hui dans le commerce un grand nombre de pâtée d'élevage qui donne le choix aux éleveurs. On peut également donner un peu de gruau d'avoine et un peu de verdure (après le 5ème jour). Pour la pâtée, certains ajoutent de la semoule, du miel, de la pomme... Chacun à sa propre recette. Personnellement, la pâtée que j'utilise et suffisamment complète et je n'y ajoute rien, sauf de d'eau pour l'humidifier. Les jeunes vont ainsi grossir et grandir. Il faudra les baguer entre le 5ème et le 7ème jour suivant la naissance
des oiseaux. Les bagues sont le matricule de l'oiseau, on y retrouve : la fédération, le numéro de souche de l'éleveur, et aussi l'année de naissance. Ah, j'oubliais ! je retire le mâle après la ponte du dernier œuf pour laisser la femelle couver tranquille-ment. En effet, certains mâles trop « vifs » chassent la femelle du nid ou cassent les œufs pour que la femelle recommence une seconde ponte. Deuxième couvée : Après le baguage, les jeunes grossissent très vite. Vers le quatorzième ou le quinzième jour, je dépose le nid avec les jeunes dans le fond de la cage et je remets le mâle avec sa femelle. Je mets à disposition de la femelle un nouveau nid équipé de matériau. Le mâle va ainsi commencer à nourrir les jeunes oisillons qui commencent à bien se plumer et la femelle va refaire son nid et recommencer à pondre. J'ai souvent remarqué, que les oisillons, ainsi dans le fond de la cage et n'étant plus à couvert, ont leurs plumes qui poussent très vite. Puis, les jeunes vont commencer à sortir du nid et c'est le mâle qui va assurer leur nourrissage.
Le sevrage :
Vers le 30ème jour, je les sépare et je les mets en volière. Ils ont à disposition de la pâtée, un mélange de graines et surtout des graines broyées (je passe légèrement des graines dans un moulin à café électrique). Ceci afin de faciliter le décorticage des graines par les jeunes oiseaux. Une fois par semaine, je leur donne de la verdure et les oisillons vont ainsi progressivement arriver à la mue. Ces quelques conseils simples s'adressent avant tout aux débutants et je reste à votre disposition pour répondre aux différentes questions que vous vous posez sur l'élevage des canaris.
Denis DELPORTE
(article que j'ai écrit pour l'envol "revue de la FFO" en janvier 2006)